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Wi-Fi à bord des trains : pourquoi la SNCB a fait le pari de la 5G passive

L’attente aura été longue pour les navetteurs belges, mais la réponse est désormais claire : les rames de la SNCB ne se transformeront pas en hotspots internet à moyen terme. En refusant, fin 2024, l’installation coûteuse de bornes Wi-Fi, l’entreprise publique a opéré un pivot technologique radical.

Face à un budget conséquent pour équiper l’ensemble du parc ferroviaire, la direction a préféré miser sur le réseau mobile existant. Plutôt que d’installer des équipements électroniques à bord pour capter et rediffuser le signal, la SNCB a choisi une approche purement physique : modifier la structure même de ses trains pour laisser passer les ondes extérieures. Ce pari technique transfère mécaniquement la responsabilité de la connectivité – et son coût – vers les opérateurs de télécommunications et les forfaits de données des voyageurs.

Points clés à retenir

Pourquoi la SNCB a-t-elle refusé d’installer le Wi-Fi à bord ?

La décision de faire l’impasse sur le Wi-Fi embarqué s’est heurtée à une réalité strictement comptable. Lors de l’évaluation du projet fin 2024, la facture totale pour équiper les milliers de voitures en circulation a provoqué l’arrêt immédiat du programme.

À l’investissement initial devaient s’ajouter des coûts de maintenance informatique colossaux, impliquant la gestion quotidienne de routeurs, de modems 5G et d’infrastructures de cybersécurité à bord des véhicules en mouvement. Face à ce gouffre financier, la direction de la SNCB a tranché en jugeant l’initiative tout simplement « trop chère ».

De plus, assurer la stabilité d’un réseau internet public pour des centaines de milliers de voyageurs quotidiens requiert une ingénierie spécifique qui relève du métier d’opérateur de télécommunications, et non d’un transporteur ferroviaire. En rejetant ce modèle, la SNCB a refusé de s’enfermer dans un cycle perpétuel de mises à jour technologiques, préférant laisser le soin aux entreprises de télécoms d’alimenter les smartphones des usagers.

Comment la SNCB améliore-t-elle la réception mobile dans ses trains ?

Pour pallier le problème physique de la cage de Faraday générée par l’armature des trains, et ce sans installer de bornes électroniques, la SNCB a dû s’attaquer aux fenêtres de ses rames.

Dans les voitures à deux étages M6, l’entreprise procède désormais au remplacement systématique de ces vitrages pour contourner le coût du déploiement Wi-Fi. Historiquement, ces vitres étaient recouvertes d’un fin film métallique isolant. La suppression de ce film permet de faire pénétrer 30 % d’ondes supplémentaires au cœur du wagon, changeant radicalement la qualité de réception pour les passagers de manière passive.

Le réseau mobile belge est-il suffisant pour les voyageurs ?

Si la stratégie de la transparence électromagnétique des trains évite les frais matériels internes, elle rend l’expérience du voyageur totalement dépendante de la qualité du réseau cellulaire extérieur.

Toutefois, la couverture nationale offre une base solide à ce choix. D’après le rapport de l’IBPT publié en mars 2024, une connexion 5G est d’ores et déjà possible sur 97,5 % du réseau ferroviaire national. L’efficacité du pari technique de la SNCB repose donc entièrement sur l’infrastructure existante des opérateurs de télécommunications pour maintenir cette connectivité au fil des trajets.

Qui supporte le coût de la connectivité dans les trains ?

Le choix technologique de la SNCB dépasse la simple question matérielle : il redéfinit l’accessibilité numérique du voyage en train. En optant pour un modèle passif, on observe un transfert évident de la charge financière.

La stratégie des vitres perméables repose entièrement sur le principe du BYOD (Bring Your Own Device) et sur la solidité du forfait mobile de l’usager. Si cette approche a permis d’économiser un investissement public massif, elle délègue le droit à la connectivité au pouvoir d’achat télécom du citoyen.

Aspect de la connectivité Modèle adopté par la SNCB
Technologie utilisée Modification physique des vitres (passive)
Coût d’infrastructure Transféré aux opérateurs de télécommunications
Accès à internet Dépendant du forfait mobile du voyageur

Foire Aux Questions (FAQ) sur la connectivité ferroviaire

Pourquoi la SNCB n’installe-t-elle pas le Wi-Fi dans ses trains ?

Le coût d’installation a été jugé excessif. Estimé entre 160 et 173 millions d’euros fin 2024, auquel s’ajoutent des frais de maintenance informatique, cet investissement a été qualifié de « trop cher » par la direction de l’entreprise publique.

Comment le nouveau système fonctionne-t-il techniquement ?

Au lieu d’utiliser des équipements électroniques embarqués pour rediffuser le signal, la SNCB supprime le film métallique isolant des fenêtres de ses voitures M6. Ce changement physique laisse passer 30 % d’ondes supplémentaires provenant de l’extérieur.

La 5G est-elle disponible sur tout le réseau ferroviaire ?

Presque totalement. L’Institut belge des services postaux et des télécommunications (IBPT) a indiqué en mars 2024 qu’une connexion 5G est possible sur 97,5 % du réseau ferroviaire national.

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